Alors voilà, à l’heure d’été, à l’heure des vacances, il me semblait bon de faire un bilan global de tout ce que j’ai pu vivre de septembre dernier à aujourd’hui.
Commençons directement par mon admission au Conservatoire de Lyon. Comme une bombe inattendue, cette nouvelle a eu un effet dévastateur dans le bon sens du terme.
C’était un renouveau, une renaissance, quelque chose qui, définitivement, scellait ma volonté d’être acteur, et la pensée que j’étais sur le bon chemin. Après des longues périodes de doutes, j’avais enfin une réponse qui, l’espace d’un instant, ôtait toute angoisse en moi. L’aventure lyonnaise démarrait. Et quelle aventure !
Je commençais mon année avec l’enseignement de Laurent Brethome. Je découvrais un théâtre vif, rapide, incisif, choquant, émotionnellement fort, dérangeant et dans lequel je me mettais en danger…
Je (re)découvrais des textes et des auteurs formidables (Georges Feydeau, Rémi De Vos, Hanokh Lévin…) En groupe, nous travaillions sur Funérailles d’hiver (de H.Lévin), pour jouer ce texte en petite forme au Conservatoire. Travaillant sur le genre comique, nous développions tous (et tout) notre sens critique, notre point de vue sur le rire, comment il arrivait, qu’était-il, quel genre de rire était-ce, etc., etc.
Très vite, je travaillais à préparer le concours du Conservatoire National Supérieur de Paris. Là, je découvrais des textes extraordinaires ; Père de Strindberg, Hamlet-Machine de Heiner Müller, Retour au Désert de Koltès.
Début décembre, je rencontrais Emmanuel Roux et tournais avec lui son Autre Rive, film 100% amateur, un budget minimal de 150€, 3 jours et 1 nuit de tournage, en plein hiver, dans le froid glacial de Lyon pour un résultat d’une qualité époustouflante.
En même temps, commençait une longue période de répétitions pour un spectacle qui bouleverserait ma vie théâtrale, ma vision des choses dans ce métier, ma mise en danger : Prométéo.
Dans une mise en scène sobre, Fy Rambelo Manga, me dirigeait et ne laissait place qu’à la beauté du texte et à la poésie de Rodrigo Garcia. Outre les « fils de pute », « fait chier » et « quel con » de circonstance et typiquement « Garcien », je prenais un plaisir véritable dans ce rôle physique, ce rôle de boxeur violent mais en même temps profondément humain, ce rôle d’homme qui souffre, qui n’est qu’un corps pour les autres et qui n’arrive pas à retrouver son âme, autrement qu’en écoutant de l’Opéra.
Prométéo, pour tout ce qu’il m’aura apporté et fait vivre, est un texte qui sera à jamais gravé dans mon cœur et qui, pour ma vie d’artiste, aura été d’une importance inestimable.
Le CNSAD (Paris) passé, étant recalé dès le premier tour, je changeais mon parcours de scènes pour les concours à venir. Je décidais de me plonger à corps perdu dans un travail de rôles dans lesquels j’étais évident.
Je refusais d’aller, comme à mon habitude, dans le contre-emploi. Bien au contraire.
A l’inverse, cette année, jouant de mon physique et de ma nature, je décidais de présenter le personnage de Matamore dans L’illusion Comique, le monologue de fin de Prométéo et une scène extraite de Froid de Lars Nören, texte violent et bouleversant d’actualité sur le néonazisme.
Contrairement à tous les avis, je décidais de présenter ces textes – notamment Froid – pour les concours. Ce choix était le mien, je verrais bien s’il serait payant… Il l’a été ! Ouf…
Deux derniers tours d’école sup’ m’attendaient ; la Comédie de Saint-Etienne et l’Ecole Professionnelle Supérieure d’Art Dramatique (EPSAD) du Théâtre du Nord. « Ca déchirait sa mère », comme dirait l’autre !
Il ne me restait que l’ENSATT à passer. Je le passais, en vain… C’était décevant, mais après tout, j’avais quand même la consolation – et quelle belle consolation ! – de savoir que, quelques semaines plus tard, je faisais partie de la sélection finale pour entrer soit à la Comédie, soit à l’EPSAD… Alors…
Le temps passait, le travail non ! Je mettais toute mon énergie à la préparation des stages.
Début juillet, j’avais cette réponse là, je serai, à la rentrée, et pour trois ans, en formation à l’EPSAD ! Le kif…
Lyon va me manquer, car Lyon m’a chamboulé, Lyon m’a révélé… Et ce qui fait que j’en suis là aujourd’hui, c’est le travail, évidemment, mais aussi l’ensemble des personnes que j’ai rencontrées, qui m’ont aidé, de plus ou moins loin, qui m’ont soutenu, qui ont cru en moi.
C’est des rencontres (Sandrine Lanno, Alain Grintzburger, Alain Françon, Ghédalia Tazartès, Jacques Bonnaffé, Marief Guittier, Philippe Torreton, Claudia Stavisky, Jean-Claude Berrutti, Jean-Pierre Laurent, Stuart Seide, Gildas Milin, François Marthouret, Roger Planchon, Richard Brunel, Eric Massé), des spectacles qui m’ont ému, bouleversé, qui ont changé ma vision des choses (Froid de Lars Nören, mes. Simon Deletang – Coriolan de Shakespeare, mes. Christian Schiaretti – Idiot ! d’après Dostoïevsky – mes. Vincent Macaigne – Vie et destin de Vassili Grossman, mes. Lev Dodine) et aussi… il faut bien le reconnaître, un grand amas de doutes, d’angoisses, de remises en question, de joies, de peines, de rires, de pleurs… enfin d’humain quoi !
La semaine prochaine, je suis à Paris pour faire un stage de jeu devant la caméra avec Pascal Luneau, celui qui a coaché Marion Cotillard pour son rôle de Piaf dans La Môme...
Encore un super moment en perspective.
Mais tous ces instants n'auraient sûrement pas été possible si j'avais été seul. Et donc, pour cette année, je tiens à
tous vous remercier.
Toutes les personnes du Conservatoire de Lyon :
- l'équipe pédagogique et enseignante ; Philippe Sire, Laurent Brethome, Magali Bonat et Françoise Lervy au jeu, Gilbert Caillat et Catherine Nicolas à la dramaturgie et à la
culture théâtrale, Marief Guittier pour son regard bienveillant de Marraine de promo, Claire au chant, Françoise à la danse...
- mes camarades de promo ; ceux qui m'ont soutenus en concours en acceptant de me donner la réplique (Louka, Simon et Amandine) ; celles avec qui j'ai partagé mes derniers
tours (les deux Elsa et Kathleen), et puis tous les autres, ceux avec qui, de près ou de moins près, nous avons travaillé...
Je tiens à dire merci à tous mes amis, les anciens, les très précieux, les nouveaux, ceux du métier, ceux qui ne sont pas du métier, ceux qui seront du métier…et enfin, pour terminer, ceux qui m’ont toujours soutenus, ma famille, dans sa globalité et sans nulle exception. Vous aussi, qui avez suivi mon parcours via mon blog et m'avez encouragé…
Merci, merci, merci !
Avec vous tous derrière moi, j’ai réussi un truc incroyable, un phantasme devenu aujourd’hui réalité, un truc de malade, un truc de dingo, un truc… pouhahouahou... un truc... mais... énoooooooooorme quoi ! Et comme dirait le célèbre poète contemporain Booba : « La vérité, ça fait zizir ! »
A la rentrée, vont sortir les Dégourdis, le film est actuellement en phase de mixage et d’étalonnage. On a mis un an à le peaufiner, mais, au vu du montage final, je peux vous assurer qu’on vous a concocté une petite pépite.
Ainsi, sa sortie sera le point d’orgue qui ponctuera une année 2009 faste !
Pour l’anecdote, au Conservatoire, durant notre période de travail sur le rire, Laurent nous avait donné à travailler -
Eléna Bruckert et moi-même - un extrait d’un Manuel de survie dont le titre était « Que faire face à un gorille en colère ? ». On a mis ça en scène. Le gorille, c’était moi.
Si, si, on a fait ça au Cons’... Vous l'auriez cru? Non? Nous non plus...
Bref, un peu plus tard, je lisais dans Métro un article que je découpais et gardais précieusement car je
l’interprétais comme étant de bonne augure et très drôle au moment où je le lisais.
Il était titré « 2009 sera l’année du gorille »…
En bon gros gorille, je suis obligé de reconnaître l’objectivité de ce journal, trop souvent considéré comme une feuille
de chou ! 2009 a vraiment été l’année du gorille ! Ehéh...
Je vous embrasse tous très affectueusement et vous dis à très bientôt.
Encore une fois et pour ponctuer comme il se doit : MERCI !
Après avoir été auditionné par le jury de l'ENSATT sur une scène de cette comédie contemporaine de Jean-Paul ALEGRE, j'avais une nouvelle fois envie d'établir un lien entre ce "Duo Dom-Tom" et moi...